Chaux aérienne ou hydraulique ?

Rédigé le 19 mai 2022 | Catégorie(s) : Actualités

La chaux séduit à nouveau particuliers et professionnels pour sa cohérence avec les besoins environnementaux du bâtiment et ses qualités esthétiques. Posée de préférence au printemps et à l’automne, on profite du retour des beaux jours pour vous faire un petit dossier sur la chaux. On commence avec une présentation de ce matériaux naturel et son histoire.

Enduit à la chaux

La grande histoire de la chaux

L’apparition de la chaux dans les outils techniques de l’homme est tellement ancienne, qu’il est difficile de connaître exactement où et quand la chaux a été utilisée la première fois. Ce que l’on sait c’est que son utilisation date d’il y a au moins 16 mille ans avant J-C.

Différents emplois de la chaux ont été retrouvés au Moyen Orient, en Chine et en M2sopotamie (l’Irak actuelle). On ne peut qu’imaginer la multitude d’utilisations possibles de la chaux qui ont pu exister depuis tout ce temps !

En réalité, c’est au Néolithique (environ 8000 ans avant J-C) qu’un changement d’usage s’opère. On voit alors apparaître la chaux dans la construction et notamment dans la confection de mortiers.

La chaux a servi dans la construction jusqu’à l’invention du ciment en 1817. Si elle s’est fait doubler par ce matériau énergivore, c’est parce qu’en période d’après-guerre la construction devait être rapide. La chaux ne répondait pas aux processus d’industrialisation émergeants à cette époque. Malgré tout, elle est présente dans les chantiers de rénovation/restauration de bâtiments anciens. En effet, les matériaux trop performants sont à éviter parce qu’ils sont trop étanches, trop solides et durcissent trop vite sur ce bâti ancien. Il y aurait une très grosse perte de perspirance.

La perspirance c’est, pour un matériau, sa capacité à être étanche à l’air tout en étant perméable à la vapeur d’eau. En d’autre termes, c’est sa capacité à apporter une bonne isolation thermique et une meilleure régulation de l’humidité. 

La chaux est utilisée encore aujourd’hui pour la restauration du bâti ancien, du patrimoine, dans l’écoconstruction et dans la construction en neuf (pour son esthétique).

Les différents types de chaux

La chaux est un matériau naturel issu de la cuisson du calcaire (ou calcination). Le calcaire, extrait des roches formées il y a des millions d’années par la sédimentation est récupéré dans des carrières enterrées à plusieurs vingtaines de mètres sous la terre. Une fois extrait, le calcaire est chauffé à 950°C. On obtient alors de la chaux vive.

Lorsque l’on ajoute de l’eau à la chaux vive, elle prend 100°C de plus avant de refroidir. Une fois refroidie, on parle de chaux éteinte.

C’est à partir de cette chaux éteinte que l’on peut distinguer la chaux aérienne et la chaux hydraulique. La différence, c’est la prise de la chaux (c’est-à-dire sa montée en résistance lors de son séchage). Soit elle fait sa prise à l’eau, soit à l’air.

La chaux aérienne

La chaux aérienne est notée CL. C pour Calcic (calcaire) c’est-à-dire la pierre qui a permis de l’obtenir. L pour Lime qui signifie Chaux (ou citron, mais là, on ne parle de pas de limonade).

Cette chaux fait sa prise à l’air. Cette caractéristique implique trois choses :

  • L’air doit circuler dans le matériau pour qu’il puisse faire sa prise. Donc pour une chaux aérienne, on ne travaillera que sur des épaisseurs de 5mm maximum.
  • Si la chaux aérienne est au contact de l’eau, elle ne « séchera » pas. Par déduction, elle peut se conserver dans l’eau très longtemps.
  • Dans nos régions plutôt humides, on préférera utiliser la chaux aérienne pour une application en intérieur.

On ne fait rien d’autre avec de la chaux aérienne que de la finition : badigeons, stucs… On en parle dans nos prochains articles 😉

Elle permet d’uniformiser et de protéger.

 

La chaux hydraulique

La chaux hydraulique est notée HL. H pour Hydraulic et L pour… Lime. À ces deux lettres est ajouté un N, pour la chaux hydraulique naturelle. Non pas que la chaux puisse ne pas être naturelle, mais parfois, l’ajout d’autres composants comme de la couleurs ou des adjuvants fait qu’on perd ce N. Dans le cas d’un ajout de ciment par exemple, le N est remplacé par un F (FL) pour une chaux formulée. Bref, cette nomenclature permet de savoir en un coup d’œil la nature du produit.

Ce type de chaux fait sa prise à l’eau. La chaux hydraulique aime donc l’humidité. Comme il faut de l’eau pour faire le mélange pour un enduit, un mortier ou un béton, on considère que l’épaisseur peut être infinie. C’est le même principe que pour la chaux aérienne qui a besoin que l’air circule sur toute l’épaisseur. Là, comme  il y a déjà de l’eau dans le mélange, on sait que peu importe l’épaisseur, la prise pourra se faire partout.

Pour compléter l’identification de la NHL :

Les chaux hydrauliques sont également identifiées selon un numéro (5 ; 3,5 ; 2). Ce numéro correspond à la résistance mécanique de la chaux (en Méga Pascal) obtenue à 48jours. En réalité, c’est une identification qui permet surtout de tous parler le même langage et c’est vraiment très pratique ! Voyez plutôt …

  • La NHL 5, c’est la plus solide mécaniquement parlant. On sait donc que l’on pourra en faire des applications avec des pierres dures, de la maçonnerie de pierre. Généralement la référence c’est le granit.
  • La NHL 3,5 est, vous l’auriez deviné, d’une résistance intermédiaire. On en fera donc des corps d’enduits, sous enduits pour supports intermédiaires comme le schiste.
  • La NHL 2 est donc la plus souple et préférera les matériaux plus tendres comme le tuffeau. Elle préfère les supports en terre crue, très tendre et on pourra en faire des finitions.

Pratique non ?


Pour suivre l’actualité de Biosfaire (et notamment la suite de cette présentation de la chaux), retrouvez-nous sur Facebook, Instagram, LinkedIn et YouTube.

Conquis par la chaux ? Pour en commander, c’est par ici : www.bisofaire.fr